Centrale nucléaire et cancer
Augmentation des cas de cancer infantile autour des centrales
nucléaires
Histoire des taux de radiations auxquels les populations sont exposées
par le Pr Edmund Lengfelder, Strahlenbiologisches Institut de
l'Université Ludwig-Maximilian de Munich
Une étude allemande menée entre 2003 et 2007 pour le compte de
l’Office fédéral de protection radiologique (BfS) a été publiée
récemment. Elle porte sur la question de savoir s’il existe une
corrélation entre la fréquence des cancers chez les enfants et la
proximité du lieu d’habitation de ces derniers avec une centrale
nucléaire. Précisons-le d’emblée: la commission d’experts
externes composée aussi bien de partisans que d’adversaires du
nucléaire mise sur pied par le BfS a conçu une étude extrêmement
détaillée et rigoureusement scientifique dont les résultats sont
parfaitement clairs. La probabilité qu’un enfant soit atteint
d’un cancer, en particulier d’une leucémie, augmente
considérablement en fonction de la proximité de l’endroit où il
grandit avec une centrale nucléaire (cf. courbe ci-contre). Cette
étude apporte des preuves évidentes de cette corrélation. Cet effet
cancérogène ne peut être associé à aucun autre agent qu’à la
radioactivité diffusée par les effluents gazeux et liquides des
centrales nucléaires.
Cependant, dans son résumé de l’étude, la mathématicienne qui a
conduit la recherche, Maria Blettner, prétend, en contradiction
évidente avec les connaissances en matière de radiobiologie et de
radiophysique, qu’au vu des résultats le nombre des cancers
augmente certes en fonction de la proximité avec la centrale
nucléaire – ce qu’on ne saurait contester – mais que la cause
du phénomène reste inexpliquée.
Pour que le message soit diffusé par la presse, l’étude a été
envoyée à la Süddeutsche Zeitung avant la conférence de presse,
probablement accompagnée de l’«explication des principaux
résultats». En effet, dans le peu de temps qui restait jusqu’au
bouclage du journal, aucun journaliste ne serait en mesure
d’étudier les 335 pages d’un texte hautement scientifique et la
Süddeutsche Zeitung ne voulait pas se laisser griller la primeur de
l’information. Et après la conférence de presse, les autres journa
listes n’approfondiraient guère le sujet: lecture du dossier de
presse et du résumé, quelques coups d’½il jetés au texte de
l’étude et ils livreraient bientôt leur article. Rares sont ceux
qui auront pris le temps de découvrir, à la suite d’une lecture
approfondie, l’aspect tendancieux du résumé.
Il convient, dans le contexte de cette étude, d’aborder à nouveau
la question des cen trales nucléaires. On ne peut pas négliger ces
résultats sans engager lourdement sa responsabilité vis-à-vis de la
santé publique. Les choses sont claires: Pour les profits nets
habituels de 1 million d’euros par jour des actionnaires et des
exploitants, les centrales nucléaires font dans la population des
alentours des victimes de cancers et de leucémies. Il est certain que
les valeurs-limites d’exposition au rayonnement devront être
considérablement réduites si nous prenons au sérieux la santé de
nos enfants et des générations futures.
Il faut saluer le fait que la Suisse – à la suite de pressions
politiques – ait l’intention de commander une étude analogue, à
condition qu’elle soit préparée avec le même soin et le même
souci d’équilibre que l’étude allemande.
Remarque préliminaire
source: http://terresacree.org/cyber.htm